Départ pour le Henan : premier train de nuit
28/05/09
Nous sommes toujours le jour de mon arrivée, le 28, et partons vers 21h00 avec Anne prendre un train de nuit pour la province du Henan.
Au bout de 1h30 environ, nous arrivons a la gare. Sur le chemin nous achetons des nouilles séchées, nourriture traditionnelle pour le train chinois, et une bouteille d'eau. On trouve dans la boutique des genoux de porc, des pattes de poulet, des oeufs sous vide... Ici on mange effectivement de tout.
Que ce soit dans le métro ou à la gare, nous devons passer les sacs dans un scanner comme à l'aéroport. Cela dit, ce contrôle est inefficace puisque lorsque le passager bip rouge en passant lui-même sous l'arche, aucun contrôle n'est effectué. Autre signe d'une volonté de grande modernité pas toujours bien utilisée, le fameux "surinvestissement chinois".
Une fois dans la gare, c'est tout simplement le bordel. Presque tout est écrit en chinois, rien n'est en anglais, pas même les annonces orales. Cela dit chaque train est doté d'un numéro lisible pour nous (type K490), ce qui permet de s'orienter un minimum. La "salle d'attente" est bondée. Je remarque d'abord des travailleurs itinérants (on les reconnait a leur mine et leurs yeux abîmés par le travail, leurs vêtements usés, leur crasse et leurs énormes sacs en toile de jutte). Puis toute la masse qu'il est difficile de séparer en groupes distints. Personne n'est vraiment en costume, beaucoup sont en pantalon de ville et chemise. Les vêtements n'ont visiblement pas d'importance. A part pour les très pauvres, il est difficile donc de distinguer qui est qui, sur ce point il faut reconnaitre que l'égalité est réussie (pour mes yeux de novice en tout cas. Peut-être aussi que les riches ne prennent pas le train). Les personnes à qui je demande ce qu'elles font me répondent unanimement "mai-mai" (business). Est-ce bien vrai ? Mystère...
Le train arrive. Un deuxième contrôle des billets est effectué pour accéder au quai, et un troisième au moment de monter dans le wagon.
Chacun prend sa place. C'est un train couchette mais il n'y a aucune porte ni cloison nulle part. Simplement des boxs ouverts de 6 couchettes le long du wagon (mixtes bien sûr, l'égalité homme femme est fondamentale dans le principe), et de l'autre côté, des sièges rabattables qui sont des places assises moins chères. Très rapidement plusieurs personnes s'asseoient sur les couchettes du bas (les nôtres en l'occurence) comme c'est l'usage, d'autres se couchent directement dans leur lit, on commence à bavarder et à manger. Tous les trains chinois sont equipés d'un robinet ou de thermos d'eau chaude, prévus pour que chacun puisse faire son thé ou ses nouilles. Voilà Anne en action :
Ensuite le contrôleur passe refaire un contrôle de principe. Il prend nos billets en papier et nous les échange contre une sorte de carte en plastique. Il faut bien garder cette carte car à la fin du trajet nous referons l'échange en sens inverse. L'utilité de la manipulation reste obscure pour moi à l'heure actuelle... Gniiii
A 22h30 les lumières sont coupées. Le contrôleur passe pour ranger les chaussures de chacun sous les couchettes. On peut discuter tranquillement, apparemment ca ne gêne personne même si presque tout le monde dort. Puis on s'endort. Dans la nuit, des fois j'ouvre les yeux et voit passer des silhouettes torse nu, aucun problème avec ce genre de pudeur.
A 6h du matin la musique se met en route et les gens se réveillent naturellement, le pays est clairement matinal. Je découvre que le train offre aussi une sorte de salle de bain publique pour faire sa toilette :

Le train est une superbe experience pour commencer a ressentir tout l'aspect communautaire du pays. La promiscuité ne semble créer aucune tension, et la vie ensemble paraît naturelle.
Nous voilà arrivés, nous refaisons donc en sens contraire l'échange de la carte en plastique contre le billet en papier original.
Ce billet nous servivra a passer l'ultime contrôle pour sortir de la gare, et nous voilà enfin dans le Henan...