Mardi 2 juin 2009
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28/05/09
J'arrive a l'aéroport de Beijing apres 10h de vol. Voyage sobre : quelques mots avec ma voisine qui parle un peu francais après avoir passé 10 mois à Angers, un verre de jus de pomme, une barquette
de riz, un film kitsch et une nuit paisible à dormir. Pour le repas le stewart me demande si je préfère "meat" ou "fish", je lui réponds "meat", et au bout de trois fois il demande a ma
voisine de lui expliquer en chinois si je veux "meat" ou "fish". Gniiiiiii. Je sens que la communication va être un point sensible. A part ca, presque uniquement des chinois dans l'avion,
c'est à dire des têtes brunes partout.
Anne (l'amie qui me recoit) me réceptionne et nous prenons un taxi pour Dongzhimen, quartier ou elle habite et situé dans le "second ring". Pekin est organisé en différentes zones
délimitées par des périphériques circulaires, le premier ring étant le centre historique (Cité interdite, place Tiananmen...). Le trajet fait environ 30 minutes (7 euros), le taxi n'est pas
content car pour lui c'est un petit trajet. Les routes sont larges avec de nombreuses voies, et les bâtiments pour le moment sont grands, gris et assez neutres, recouverts de néons
et d'écrans clignotants. Un en particulier attire mon attention, un immense écran qui recouvre toute la facade d'un immeuble : fond rouge, image de militaire tenant son arme et regardant
majestueusement vers le ciel, et une énorme faucille avec son marteau. Anne m'explique qu'elle voit peu de visuels aussi exagérés, mais il faut dire que celui-ci est placé sur l'autoroute de
l'aéroport et particulièrement visible. Sur la route, les vehicules déboitent un peu n'importe comment mais en contrepartie roulent assez doucement.
Nous arrivons à Dongzhimen. Nous rejoignons au restaurant Pierre (son copain) et Marwan (un ami de Pierre) qui est lyonnais aussi. Le monde reste toujours aussi petit. C'est une rue pleine de
restaurants : la "rue des fantomes", appelée ainsi car on peut y manger tard dans la nuit, ce qui n'est pas la norme de la Chine qui est parait-il plutôt matinale que nocturne. Nous
prenons le "plat national" : poulet, cacahuète, piquant et légumes.
Puis nous rentrons poser les sacs. C'est un appartement dans une tour comme les autres, une vingtaine d'étages, qui a le mérite d'être très bien placé et d'avoir des toilettes qui ne sont pas
turcs. Anne me dit que c'est un logement de niveau moyen plus. L'eau n'est pas potable.
Voici la vue directe depuis la fenetre : plutôt marrant pour un pays communiste, gniiiii... Nous le verrons, les petites boutades du genre ne manquent pas. Comprendre ca, c'est déjà faire un
pas pour comprendre la Chine.
Nous allons ensuite nous enregistrer a la police, procédure obligatoire pour tout visiteur même pour une durée de deux semaines. Moi qui espérais arriver dans un pays hippie et voir
les policiers chinois fumer des pétards et partager les nems, je me rends compte qu'en fait c'est bien comme on dit un état "à un parti". Bref, je prends mon petit papier et me souviens
que je dois le garder sur moi en permanence. D'ailleurs, un article commentait qu'il n'y aurait même pas assez de personnel pour analyser toutes ces données issues de procédures à
l'ancienne. Un petit reste du passé...
Puis nous allons louer des vélos (1 euro la demi-journée). Anne et Pierre ont bien rôdé la visite "découverte".
Nous passons d'abord par des "hutongs" : logements traditionnels, bas et organisés autour d'une cour intérieure ou vivent plusieurs personnes, avec les sanitaires communs pour la rue. Pekin,
qui veut garder un côté traditionnel, est une des (rares ?) villes ou les hutongs ne sont pas rasés pour être remplacés sans vergogne par des nouveaux batiments. Nous
passons cependant devant quelques hutongs qui sont en train d'être détruits a coup de masse. Le mouvement général de modernisation des Hutongs a pour effet d'en augmenter les prix, donc d'en
chasser mecaniquement les habitants traditionnels pour les remplacer par des chinois plus aisés ou des étrangers en quête de logement exotique.
Puis nous passons par la Colline du charbon (vue imprenable sur Pekin et notamment sur la Cité interdite) ou nous rencontrons un homme faisant de la calligraphie par terre à l'eau avec un grand
pinceau qu'il utilise debout. Vue depuis la colline du charbon (j'ai calé un petit "Allez malherbe", ok j'en reprendrai une bien si je repasse a la colline... gniiii) :
Puis nous allons faire le tour de la Cité interdite, ou j'assiste à mon premier pet chinois. Assis tranquillement le long des remparts, j'ai la joie d'assister au passage d'une femme d'une
cinquantaine d'année qui lache juste à mon niveau une magnifique perlouze de 5 bonnes secondes. Il parait que se retenir de péter, de roter, de cracher, se forcer à dire bonjour ou merci, tout ca
c'est pour les bourgeois, et c'est pas le style de la maison. Ayant un gaz a disposition, je tente une réponse mais le dialogue ne s'engage pas. C'est donc bien naturel et passe inaperçu.
Enfin nous passons par la place Tiananmen, ou je prends la fameuse photo avec le panneau du stade Malherbe (voir article "Rapide découverte de la notion de libre expression en Chine"), et où je
décroche ainsi mon premier contact officiel avec le régime : contrôle par 5 policiers qui prennent mon numéro de passeport et vont faire un "rapport". Ca met dans l'ambiance. D'autres photo
de la place dans un autre article.
Nous revenons à l'appartement, et partons directement avec Anne prendre notre train de nuit pour la province du Henan. Au programme : les grottes de Longmen, les moines Shaolin et Zengzhou
(capitale).